Séminaire Les mondes de l’océan Indien : résumés des séances du 5 novembre, 12 novembre, 3 décembre 2009, 25 mars et 1er avril 2010

Anthropologue et historien, Philippe Beaujard est directeur de recherche au CNRS (CEMAF)

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5 novembre 2009 : La formation d’un système-monde afro-eurasien. Expansion et repli des échanges entre 1er et 6e sièclePrintemps 5 Automne Rouge Toile 5 Talon Bout Semelles UK6 EU39 Noir Bleu Femme Légères US8 Blue TTSHOES Rond Plat Basket Drapée CN40 Chaussures 8Unx6tqW1

 

Le but de ces séminaires est de considérer l’histoire de l’océan Indien sur la longue durée, en tentant de saisir à la fois des dynamiques locales, régionales et globales, et leur articulation. L’océan Indien s’est au fil des siècles constitué en un espace unifié et hiérarchisé par ses échanges, échanges qui se sont ordonnés sur des lignes contraintes par les données géographiques, contraintes aussi par les espaces culturels organisés par les hommes et leur histoire. L’ensemble des échanges a contribué à unifier une aire géographique qui déborde largement l’océan Indien puisqu’elle va de la Chine à l’Europe et à l’Afrique, aire où les événements et les développements régionaux apparaissent interdépendants. L’océan Indien doit être pensé non pas comme une économie-monde parallèle à la Méditerranée (comme l’a fait Chaudhuri, 1985), mais comme un espace articulé à celui de la Méditerranée, à l’intérieur d’un système-monde constitué au début de l’ère chrétienne.

Depuis ses origines, le système-monde afro-eurasien s’est développé tout au long d’une série de cycles économiques de plusieurs siècles. Ce séminaire présente le premier cycle, qui va du 1er au 6e siècle. Une phase de croissance (1er-3e s.) s’accompagne de la mise en connexion de l’empire romain, de grands États indiens (kushan au nord, shatavahana plus au sud) et de l’empire chinois des Han, à la fois par des routes maritimes et par les « routes de la soie ». Elle est marquée par un mouvement grec et romain vers l’Inde, une « indianisation » de l’Asie du Sud-Est et l’apparition sur la côte est-africaine d’une culture pré-swahilie. Des Austronésiens naviguent aussi vers la côte est-africaine, puis vers les Comores et Madagascar. L’essor des échanges favorise des innovations techniques et institutionnelles, dans les cœurs du système notamment, et la transmission de certaines innovations. Ces processus sont documentés à la fois par l’archéologie, les textes disponibles (Périple de la Mer Erythrée, textes tamouls, et chroniques chinoises) et la linguistique. Dès le 1er siècle, les grands nœuds autour desquels s’articule plus tard le commerce sont déjà en place ; une partie des produits commercés, également, est déjà là : tissus de coton, soieries, indigo, poivre de l’Inde, encens d’Arabie, les épices des Moluques…

Chaussures de Adulte Ski Roulant Chaussures de 37 de G Plage Chaussures Tapis Plongée 36 de Yoga Chaussures Nautique de Un repli du système-monde – marqué par une baisse des échanges et une désintégration des grands États – se produit à partir de la fin du 2e siècle lorsque se propagent des épidémies favorisées par la mise en contact de régions lointaines ; il est pour une part impulsé par un refroidissement global, dont les effets négatifs accentuent les déséquilibres internes aux empires chinois et romain, qui tiennent notamment à la sur-extension de l’État et au coût élevé du secteur militaire. Le changement climatique entraîne des mouvements de population des steppes de l’Eurasie, Xiongnu vers l’est et Huns vers l’ouest et le Sud. Pour des raisons en partie géographiques, certaines régions du système-monde apparaissent cependant désynchronisées : le commerce entre l’Inde et l’Asie du Sud-Est demeure ainsi florissant durant cette période de repli du système. Les routes de la soie retrouvent par ailleurs leur activité, lorsque se constitue une confédération oghuz en 546, à une période où n’existe en Chine aucun État puissant. La fin du 6e et le début du 7e siècle représentent ensuite l’aube d’une nouvelle phase de croissance du système.

12 novembre 2009 : L’océan Indien, entre empire tang et empire musulman (7Adulte de 36 Plongée Ski de Roulant de Chaussures 37 Yoga Chaussures Tapis Chaussures de Plage Chaussures de G Nautique e-10de Adulte Chaussures G 37 Yoga Tapis Plongée de de de 36 Nautique Ski Roulant Chaussures de Chaussures Plage Chaussures e siècles)

Le deuxième cycle de ce système débute à la fin du 6e siècle. La réunification de la Chine initie alors une phase de rebond, encouragé par un adoucissement du climat. Deux facteurs concourent à un essor spectaculaire de la production et des échanges au 7e siècle, notamment par les « routes de la soie » terrestres et maritimes : 1. l’expansion interne de la Chine Tang, ses innovations (invention de la porcelaine, de la xylographie…) et son ouverture sur l’extérieur, marquée par un intérêt pour le commerce à longue distance, et pour le bouddhisme. 2. l’apparition d’un empire musulman qui s’étend de l’Asie centrale à l’Espagne, en contrôlant le Sud de la Méditerranée. L’interconnexion de ces deux empires par terre et par mer se traduit par une intégration croissante des régions en contact et par une extension géographique du système. Hormis en Asie centrale, les Chinois toutefois se déplacent peu sur les réseaux, les musulmans jouant en revanche un rôle crucial dans le développement des échanges, dans l’océan Indien et en mer de Chine. Le golfe Persique représente alors une région prééminente, qui envoie des navires jusqu’en Chine et en Afrique de l’Est. Une culture commune se crée en outre entre l’Inde et l’Asie du Sud-Est, forgée par les marchands et les hommes de religion, bouddhistes et hindous. L’Espagne musulmane constitue un autre cœur du système, alors que l’Europe occidentale plus au nord n’en représente plus qu’une périphérie, l’empire romain d’Orient (Byzance) conservant en revanche un rôle éminent.

Le nouvel essor du système-monde avait démarré dans la Chine Tang. C’est là aussi que se manifestent les signes d’un retournement de la conjoncture dès la deuxième partie du 8e siècle et surtout au 9e siècle. En 879, le massacre des musulmans à Canton par un chef rebelle marque un coup d’arrêt aux lointains voyages des Arabo-Persans et le retour à la triple segmentation du commerce dans l’espace de l’océan Indien et de la mer de Chine. La dynastie Tang perd finalement le contrôle sur les provinces chinoises et s’effondre en 906. Un refroidissement global du climat au milieu du 9e siècle accélère dans le même temps une désintégration de l’empire musulman, marqué par les revendications shiites.

3 décembre 2009 : Les globalisations dans le système-monde afro-eurasien aux temps des Song puis de l’expansion mongole (10e-14e siècle)

La restructuration des réseaux d’échanges à la fin du 2e cycle du système-monde afro-eurasien va profiter à l’Égypte fatimide et au commerce de la mer Rouge. Dans la dernière partie du 10e siècle, un renversement de tendances est clairement perceptible en Asie, où la Chine réunifiée par les Song de 960 à 980 connaît un spectaculaire développement, qui va impulser un nouvel essor du système-monde. Dans ce nouveau cycle qui va du 10e au 14e siècle, deux périodes sont à distinguer, séparées par l’expansion mongole. La croissance est portée par une expansion des échanges, et des innovations techniques et institutionnelles ; elle est aussi favorisée par l’augmentation des températures de l’« optimum climatique médiéval ». La réussite des Song repose sur l’alliance d’un État fort et d’un secteur privé dynamique. Une conjonction de progrès aboutit à une mutation sociale profonde : la Chine Song offre le premier exemple de transformation d’un État par un (proto-)capitalisme émergent, avec l’apparition d’une bourgeoisie urbaine, la création d’un véritable marché intérieur, et l’ébauche d’un système de marchés. Cette mutation est inséparable de l’essor du commerce au loin, dont la taxation constitue une source de revenus croissants pour l’État, en particulier à l’époque des Song du Sud. Les échanges progressent par les « routes de la soie », mais surtout par les routes maritimes, en partie grâce à des améliorations apportées sur les navires (utilisation de la boussole…).

En relation avec la Chine, un puissant royaume chola se développe dans le Sud de l’Inde, où une certaine symbiose se fait jour entre l’État et de grandes guildes marchandes impliquées dans le commerce à longue distance. La situation d’interface de l’Asie du Sud-Est entre Chine et Inde profite à des royaumes javanais, au détriment de la thalassocratie sumatranaise de Srîwijaya.

Dans l’Ouest de l’Ancien Monde, la compétition entre les trois capitales califales, Cordoue, Le Caire et Bagdad, dynamise le commerce au loin. La mer Rouge est alors prééminente par rapport au golfe Persique, avec un rôle notable des réseaux juifs (11e-12e siècles), puis des marchands musulmans kârimî, lorsque les Ayubbides prennent le contrôle de l’Égypte. À cette époque, le choc des premières Croisades sur le Levant musulman induit des restructurations au niveau des États et des réseaux ; en même temps, l’Europe chrétienne découvre la pensée, les sciences et les techniques grecques et arabes, et accueille diverses innovations chinoises.

L’avènement du 13e siècle marque ensuite une période-clé, moment de crise et de restructurations, mais aussi – après un ralentissement – période d’expansion économique, dont l’apogée se situe dans les premières décades du 14e siècle. La formation d’un empire mongol permet l’ouverture de contacts directs entre la Chine et l’Europe où ils induisent le passage d’un nouvel ensemble d’innovations chinoises. La prise de la Chine Song par les Mongols met fin à la première ébauche chinoise d’une économie de marché, au moment où se met en place en Europe un système de cités en inter-relation, berceau du capitalisme européen dont l’essor se réalise parallèlement à une triple crise du féodalisme, de l’État et de l’Église.

Si l’Asie occidentale est en déclin relatif, deux puissances musulmanes s’affirment face aux Mongols : l’Egypte mamelouke, et le sultanat de Delhi. Le 13e siècle correspond à une deuxième période d’expansion de l’islam, en Inde, en Afrique de l’Est et en Asie du Sud-Est, dans les premiers sultanats marchands et les villes de la côte nord de java, dominées par l’empire de Mojopahit, qui conjugue agriculture intensive et contrôle du commerce des épices.

Un pic est atteint dans les années 1320, puis l’activité s’essouffle dans l’ensemble du système-monde, processus alors aggravé par un refroidissement global. Des conflits éclatent au Yémen, en Asie centrale, ainsi qu’en Iran et en Inde, où l’État ilkhanide et le sultanat de Delhi se désintègrent. C’est dans ce contexte de repli économique et de désagrégation politique que la peste se répand à partir de la Chine, en Asie puis en Afrique et en Europe. Le déclin de la Chine y accentue les problèmes internes, et les révoltes conduisent à la chute des Yuan.

Comme pour les cycles précédents, on peut voir dans la reconstruction de la Chine, sous l’empereur ming Hongwu (1368-1398), l’aube d’une nouvelle phase de croissance et d’intégration non seulement pour la Chine mais pour l’ensemble du système-monde. Cette croissance nouvelle est aussi impulsée par une puissance ottomane en formation, par les grands États qui se partagent l’Inde, et par l’Europe, qui contrairement à l’Egypte, à l’Irak et à l’Iran, paraît avoir bénéficié à long terme du choc de la Grande Peste. Façonné par un capitalisme émergent, le continent européen acquiert un nouveau statut, sans que la domination des économies asiatiques ne soit cependant encore remise en cause.

25 mars 2010 : L’espace afro-eurasien au 15e siècle. Globalisation et émergence du capitalisme européen

Après le repli global qui marque une partie du 14e siècle, les liens se retissent entre régions à la fin de ce siècle, dans l’aube d’un nouveau cycle : l’économie connaît une nouvelle croissance, impulsée par le rebond de la Chine, le dynamisme de l’Europe, l’essor de l’empire ottoman et de grands États indiens, et celui de cités-États asiatiques comme Malacca, Calicut et Hormuz. Dans l’ensemble de l’océan Indien, les réseaux d’échange s’étendent et se densifient dans un envol du commerce. Les États développent une plus grande efficacité dans la mobilisation des hommes et des ressources, appuyée sur une expansion des armes à feu.

La reconstruction matérielle et idéologique de l’État chinois des Ming trouve son épanouissement sous l’empereur Yongle (1403-1424), symbolisé par les grandes expéditions maritimes dirigées par l’amiral musulman Zheng He dans l’océan Indien. Le repli – relatif – de la Chine à partir de 1433 favorise la montée en puissance d’un axe Malacca-Bombay. L’essor des Gujaratis profite également de la mainmise des sultans mamelouks sur le commerce de la mer Rouge, au dépens du Yémen et des marchands Kârimî. Peut-être y a-t-il au 15e siècle un déclin relatif du monde musulman en Iran et en Irak, mais l’Égypte demeure une puissance majeure du système, et l’espace ottoman connaît une avancée spectaculaire, marquée par la prise de Byzance en 1453. Dans toute l’Asie du Sud, en outre, les réseaux musulmans s’étendent, et D. Lombard a pu qualifier l’océan Indien au 15e siècle de « mer islamisée ». L’islam y favorise globalement le développement des échanges, sans constituer pour autant un monde monolithique.

Des pratiques capitalistes se développent dans les grands États et surtout dans les cités-États ou les petits sultanats marchands qui fleurissent dans les interstices des royaumes en Inde, en Asie du Sud-Est et sur la côte est-africaine. L’histoire de l’océan Indien conduit à relativiser l’idée d’une invention européenne du capitalisme et à restituer à l’Asie et à l’Afrique leur « héritage volé » (Goody 2007), Il est vrai pourtant qu’à la différence de l’Europe, il n’y a pas, en Asie et en Afrique au 15e siècle, fusion de l’État et des intérêts mercantiles et institutionnalisation du pouvoir de la classe marchande – sauf peut-être à Malacca.

L’Europe s’est forgée au 15e siècle une identité singulière, fondée sur l’alliance de la puissance des armes et de la soif de profit, et pour la péninsule Ibérique, marquée par l’intolérance religieuse. La volonté de contourner la mainmise de Venise sur les routes commerciales avec l’Égypte et l’océan Indien en se ménageant un accès direct aux épices de l’Orient débouche sur l’irruption violente de la flotte portugaise de Vasco de Gama dans l’océan Indien en 1498. L’impact des Portugais sera cependant limité dans l’espace de cet océan.

1er avril 2010 : Conclusion. L’océan Indien, au cœur des mondialisations anciennes

A l’instar de la Méditerranée de F. Braudel, l’océan Indien a moins représenté une barrière qu’un trait d’union entre des hommes et des cultures. Depuis le début de l’ère chrétienne, cet océan constitue une aire unifiée par ses échanges, aire qui fait partie d’un ensemble plus vaste, allant de la mer de Chine à l’Europe et à l’Afrique. Ce n’est pas seulement l’interconnexion ou la dimension des réseaux mais la régularité, l’intensité et la vitesse des échanges qui ont réalisé une progressive intégration des différentes régions, les constituant en système-monde. Ce concept a été introduit par I. Wallerstein (1974) pour l’époque moderne, mais ses caractéristiques se retrouvent en fait aux périodes plus anciennes, avec une division du travail entre régions, et l’existence de cycles.

Le système-monde afro-eurasien s’est développé tout au long d’une série de cycles économiques de plusieurs siècles, qui coïncident avec des évolutions politiques et religieuses, et souvent avec des cycles climatiques. Pourquoi ces cycles systémiques ? Le cycle est probablement inhérent à la structure même des systèmes-mondes anciens. L’intégration en période de croissance globale repose sur des synergies entre la croissance agricole et la croissance industrielle, l’expansion démographique, les constructions étatiques, les innovations, et le progrès des échanges. Ensuite, une « dé-globalisation » se produit, marquée par une récession dans la production et le commerce, induite par divers facteurs : la sur-extension des États, le coût des dépenses militaires, une raréfaction des ressources, la pression démographique, la dégradation environnementale, des changements climatiques défavorables, etc. Dans les phases de récession, le système-monde ne disparaît pas, mais on observe une restructuration des réseaux d’échange, ainsi que des États et des sociétés interconnectés, et un processus de transition hégémonique entre des puissances dominantes. Au total, un jeu de forces agissant conjointement provoque ainsi une pulsation du système.

Chaque période de croissance crée une nouvelle division spatiale du travail, cependant en continuité avec la précédente, dans un système progressivement intégré et hiérarchisé. Ces cycles s’inscrivent sur une courbe à pente de plus en plus accentuée, qui traduit une croissance générale de la démographie, de la production, du volume des échanges, et un développement urbain. Les données montrent les liens et l’imbrication des sphères de l’économie, du politique et de l’idéologique. Elles soulignent le rôle important d’un secteur privé, à côté de (ou avec) celui de l’État. Il serait erroné d’opposer de manière systématique les modes d’accumulation étatique et privée : la recherche menée souligne la compétition des deux mondes de l’État et de l’entreprise privée mais aussi leur articulation.

Dès sa formation, le système-monde se présente comme un espace hiérarchisé, agencé par l’opposition et la complémentarité entre « cœurs », « semi-périphéries » et « périphéries », dont les relations structurent des inégalités entre régions et à l’intérieur des sociétés interconnectées, mais aussi des phénomènes de « co-évolution », certaines régions étant capables de tirer parti de la dynamique du système grâce à leurs atouts géographiques et humains. De plus, les périphéries ne sont jamais restées « passives »; certaines au moins montraient une réelle « capacité de négociation » avec les centres dominants, à laquelle les premières recherches utilisant le modèle du système-monde (Wallerstein, Frank…) ont prêté trop peu d’attention.

L’histoire de l’océan Indien jusqu’au 16e siècle montre ainsi l’intégration progressive de ses différentes régions dans le cadre du système-monde afro-eurasien. Cette trajectoire éclaire la période ultérieure, qui voit l’avènement du système-monde capitaliste moderne, et permet peut-être d’engager une réflexion sur les futurs possibles de ce système.

Pour l’océan Indien, on peut discuter de la validité de la coupure introduite au début du 16e siècle. Le 16e siècle représente cependant un moment crucial dans l’histoire du monde, avec la connexion de l’Atlantique aux deux espaces maritimes du système afro-eurasien primordial. Les États européens édifient sur les Amériques et une partie de l’Afrique ce que l’on peut considérer comme un nouveau système-monde, qui finit par englober l’ancien au 19e siècle, après la Révolution Industrielle. Désormais, le système-monde est le monde, où l’Europe – et d’abord l’Angleterre – puis les Etats-Unis s’imposent finalement comme centres dominants.


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Maitre de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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